Qu'y a-t-il dans ces 100 pages ?

Une collection de textes, messages et forums des années 85 à 89 environ, autour de l'idée très débattue de Female Supremacy. Je ne vais pas m'amuser à tout classifier, Il fut déjà difficile d'éliminer les archaïques blocs techniques de ce type de flux pour laisser quelque chose d'à-peu-près lisible.
Les thèmes touchent à la banalité : Lilith, le SM, la Déesse (quand on reste à un niveau acceptable) la revendication et la gender politique plus bas et - je crois avoir malgré tout élagué - les rites de la machine-viande, l'amour torture, etc.
Dieu n'est pas absent mais il semble, comme toujours chez les Américains, terriblement conventionnel.

Pourquoi sauver ces pages, ne serait-ce que dans l'illusion d'une survivance Internet ?

Je donnerais trois raisons.

1)
Beaucoup ont de l'humour, qualité finalement plus importante que la sexualité crue.

2) Elles témoignent toutes d'une grande passion intellectuelle et surtout d'un besoin. Savons-nous vraiment ce qui pousse ces hommes à vouloir se soumettre (quelquefois de la pire manière) à celle à qui ils prêtent les qualités de la Déesse ?

3)
Statistiquement c'est un témoignage américain. Donc naït, cirieux, engagé. L'homo érectus occidentalis est trop blasé. Les textes qui circulaient sur le Net à cette époque - en français ou en espagnol - n'avaient pas ce parfum un peu universitaire, cette qualité de recherche fondamentale. Ce sont des textes grossiers, écrits par des mecs qui exposent leurs fantasmes, ils abondent en détails mais ne s'élèvent jamais au-dessus de l'étal de la viande de femme. J'aime pas. À cette époque il fallait monter chez Lacan ou Baudrillard pour trouver une très éventuelle petite étincelle… Les intellos, généralement, ont traité ce courant à la manière mandarine, avec un dédain de bon ton. Pourtant, ce rôle de femme combattante, de super héroïne (venu avec la BD (est aujourd'hui l'un des plus importants du cinéma mondial.

Bien sûr je puis me tromper, divaguer (allez savoir !) et ce ne sont que les fragments d'un obscur naufrage. Mais il m'est agréable, à l'époque de Paris Hilton
(une vie de trop) d'évoquer un courant dans lequel, vous le verrez, on ne parle presque jamais d'argent. Mais d'amour, de désir et de dévotion. Quel pied !

Sur Lilith je n'ai rien à dire, vous trouverez une masse de textes qui l'évoquent. Sur la Domme (dominatrice américaine) je ne vois rien de très intéressant si ce n'est une vaste entreprise de codification (contrats, règles., etc.,) et une immense vulgarité. La systématique américaine fait souvent penser à celle des nazis. On n'évite pas, non plus, le "comment punir et torturer" ou la scatologie.
Mais il existait, au fond des bois, une toute petite femme nommée Dee Ann Leblanc, une canadienne, qui de sa cabane perdue gérait ce flux avec une patience infatigable et beaucoup de bon sens. Bon, c'est ainsi que je l'imaginais en fonction de ce qu'elle me disait. Il m'est arrivé de correspondre avec elle. Les textes français retrouvés sont répartie vers la fin de cette compile U.S.
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